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Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire


Auteur : Charles Baudelaire

Genre : Poésie


Édition : Ldf

Collection : Ldp

Parution : Février 1972

Pages : 416 pages


Prix : 3 euros


Résumé

Avec Les Fleurs du Mal commence la poésie moderne : le lyrisme subjectif s'efface devant cette « impersonnalité volontaire » que Baudelaire a lui-même postulée ; la nature et ses retours cycliques cèdent la place au décor urbain et à ses changements marqués par l'Histoire, et il arrive que le poète accède au beau par l'expérience de la laideur. Quant au mal affiché dès le titre du recueil, s'il nous apporte la preuve que l'art ici se dénoue de la morale, il n'en préserve pas moins la profonde spiritualité des poèmes. D'où la stupeur que Baudelaire put ressentir quand le Tribunal de la Seine condamna la première édition de 1857 pour « outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs » et l'obligea à retrancher six pièces du volume - donc à remettre en cause la structure du recueil qu'il avait si précisément concertée. En 1861, la seconde édition fut augmentée de trente-cinq pièces, puis Baudelaire continua d'écrire pour son livre d'autres poèmes encore. Mais après la censure, c'est la mort qui vint l'empêcher de donner aux Fleurs du Mal la forme définitive qu'il souhaitait - et que nous ne connaîtrons jamais.


 

Avis lecture

Parler d’un recueil de poèmes est un exercice bien délicat. En effet, il n’y a pas d’intrigue à résumer ou de personnages à décrire, à analyser. Ici, et si j’ose dire, le lecteur se retrouve en tête-à-tête avec les pensées les plus intimes de l’auteur, du poète.

On peut bien s’amuser à analyser un poème, à décortiquer sa structure, à compter ses alexandrins ou rechercher ses consonances et autres rimes… mais au final, le poème doit avant tout « parler » à son lecteur pour l’intéresser, le toucher, l'émouvoir et lui évoquer un sentiment qu’il connait et dans lequel il se reconnait.


Comme beaucoup, j’ai découvert l’oeuvre de Baudelaire au collège où je l’avoue, je ne l’ai pas vraiment appréciée à sa juste valeur, question de maturité peut-être ? Je ne me suis replongée dans ce recueil que beaucoup plus tard et là, j’ai enfin pu lui accorder tout l’intérêt qu’il mérite.


Comme le titre l’indique, Les Fleurs du Mal ce n’est pas le pays des bisounours et des petits cœurs. Baudelaire est un artiste torturé, comme il le dit si bien lui-même : « J’ai cultivé mon hystérie avec jouissance et terreur ». Ses poèmes retranscrivent donc avec justesse son état d’esprit, son spleen comme il le nomme si bien lui-même. Ses doutes, son mal-être et ses incertitudes face à la mort me font dire que chacun de ces poèmes est presque une petite autobiographie.

Si ce recueil est une vraie réussite, j’ai quand même quelques préférences. Ainsi, Au lecteur, L’invitation au voyage et Le chat, bien que très différents, font partie de mes poèmes favoris.

Conclusion

Pour conclure, qui mieux que Baudelaire peut nous parler de son oeuvre ? Le 18 février 1866, il écrit ainsi à Ancelle : « Faut-il vous dire, à vous qui ne l’avez pas plus deviné que les autres, que dans ce livre atroce, j’ai mis tout mon cœur, toute ma tendresse, toute ma religion (travestie), toute ma haine ? Il est vrai que j’écrirai le contraire, que je jurerai mes grands Dieux que c’est un livre d’art pur, de singerie, de jonglerie ; et je mentirai comme un arracheur de dents. »



Extraits

Extrait de « Au lecteur »

La sottise, l’erreur, le péché, la lésine,

Occupent nos esprits et travaillent nos corps,

Et nous alimentons nos aimables remords,

Comme les mendiants nourrissent leur vermine.


Extrait de « Le chat »

Dans ma cervelle se promène,

Ainsi qu’en son appartement,

Un beau chat, fort, doux et charmant.

Quand il miaule, on l’entend à peine,


Extrait de L’invitation au voyage

Vois sur ces canaux

Dormir ces vaisseaux

Dont l’humeur est vagabonde ;

C’est pour assouvir

Ton moindre désir

Qu’ils viennent du bout du monde.

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