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Le Paris des Merveilles, Intégrale de Pierre Pevel


Auteur : Pierre Pevel

Illustrations : Xavier Collette

Genre : fantastique, fantasy, steampunk


Éditions : France Loisirs

Parution : 2020

Pages : 830


Série : oui

Tomes : 3 (intégrale)


Prix : Numérique : 19,99€ - Papier : occasion

Achat : Cultura - Le Paris des Merveilles


Résumé

Une cité qui ressemble au Paris de la Belle Époque avec quelques nuances : humains, elfes, chats ailés, arbres philosophes et sirènes se côtoient. Le fantastique y est omniprésent, des Grands Boulevards à la Tour Eiffel, de la Seine au bois de Vincennes. Là, Louis Griffont, un mage qui rappelle Sherlock Holmes, enquête sur un crime autour d'un étrange trafic d'objets antiques.

Il est secondé par son ennemie favorite, Isabel de Saint-Gil. On pense aux feuilletons du début du XXe siècle : rythmés, enlevés, sans une once d'ennui les fées en plus !


Avis lecture

Le Paris des Merveilles de Pierre Pevel est une invitation à la découverte du Paris de la Belle Époque envahi par le Merveilleux.

Et si un jour, l'OutreMonde, ce monde peuplé de créatures de légendes, s'était rapproché au point d'influer sur le nôtre ? Et si les dragons et les fées n'avaient rien d'une légende et qu'un beau jour, ils se dévoilent à nos yeux pour mieux vivre parmi nous ? Cela serait l'occasion de récits épiques riches en rebondissements ! C'est ce que nous propose Pierre Pevel dans son Paris des Merveilles.


Je me suis laissée convaincre de lire cet incontournable de la littérature fantasy française en tombant sur l'édition intégrale et illustrée de France Loisirs. J'avais tellement peur de l'abîmer que finalement, j'ai fini par le lire sur ma liseuse, ce qui est quand même bien plus pratique pour le transport (et moins lourd).


Tout commence avec l'introduction à un monde qu'on aurait aimé voir exister. Il y a une centaine d'années, la Reine des Fées, Méliane, a décidé de révéler l'existence de l'Outremonde au monde des humains. Et c'est à Paris que se situe le portail qui relie les deux mondes. Pour se rendre à Ambremer, capitale de l'Outremonde, il vous suffit simplement de prendre le métro. Un rêve que l'on aimerait réalité ! Au détour d'une rue, vous croiserez un gnome, poursuivrez votre chemin aux côtés d'un chat ailé puis tomberez sur une fée... Avant de retourner chez vous, habitué à tout cela mais sans même vous rendre compte que votre maison est habitée par de petits êtres mystérieux.

Louis Denizart Hyppolite Griffont est un mage réputé du Cercle Cyan, qui mène une vie confortable et tranquille dans sa maison sur l'Île Saint Louis. Il va un jour se retrouver confronté à une série de meurtres sur laquelle il va devoir enquêter. Or, au fil de son enquête, il va se rendre compte que les enjeux sont colossaux et que l'assistance d'Isabel de Saint-Gil ne sera pas de trop. Paris et Ambremer, capitale de l'Outremonde, entretiennent de bonnes relations mais les révélations de l'enquête laissent à penser que les deux mondes sont en danger.


Le roman présente de nombreux points forts : le récit est parfaitement maîtrisé, il est inspiré par les grands romans feuilletons de la fin du XIXe et du XXe siècles et la touche fantasy apporte une originalité bienvenue. Le duo formé par Griffont et Isabel est génial. Là où Griffont se montre bougon et sérieux, Isabel est, elle, drôle et mutine. Élégante en toutes circonstances, cette fée exilée sur Terre et devenue enchanteresse ne manque jamais de répartie. Cette équipe se révèle au fil des pages aussi attachante qu'efficace.

Il n'y a pas vraiment de temps mort, ou si peu. Pourtant, arrivée à L'Élixir d'Oubli (deuxième tome de la trilogie), j'ai commencé à décrocher. Peut-être est-ce le format en intégrale mais j'ai eu le sentiment qu'il y avait énormément de répétitions. Toutefois, je me dis que si j'avais attendu avant de reprendre avec cette suite, ces rappels auraient été bienvenus. Bien que l'inspiration des romans feuilletons soit nettement visible, j'ai moins apprécié cette suite. Pour être de nouveau happée par le récit avec le troisième et dernier tome !

Le cadre est magnifique mais pas assez développé à mon sens. Pierre Pevel nous vend du rêve avec son Paris merveilleux mais j'aurais aimé qu'il soit davantage exploité. Si dès les premières pages, celui-ci est détaillé, ces descriptions laissent place entièrement à l'action. Alors certes, on ne s'ennuie pas une seule seconde mais dans la mesure où le titre de la trilogie est Paris, j'attendais que la ville lumière soit plus mise à l'honneur. Ça ne veut pas dire que Le Paris des Merveilles était une mauvaise lecture, bien au contraire ! La plume de Pierre Pevel est une merveille, élégante, raffinée, elle nous emmène avec facilité dans un univers enchanteur.


Conclusion

Hommage aux romans feuilletons avec de belles références, Le Paris des Merveilles est une trilogie steampunk qui ravira les adeptes de fantasy et de romans feuilletons. Ce n'est pas pour rien que Pierre Pevel est un grand nom de la fantasy et il nous le prouve une fois de plus ici !


Extraits

« La mémoire est un ciment solide. Si solide et durable que la nostalgie survit parfois longtemps à l'amitié. Elle peut même s'y substituer et nous tromper. Combien de fois nous sommes-nous aperçus trop tard que rien ne nous attachait désormais à tel ou telle, sinon le souvenir d'une époque évanouie ? Quand cette idée frappe, douloureuse, le temps paraît faire un bond et nous nous découvrons subitement face à un étranger que les hardes de sentiments défunts ont cessé de déguiser. Cela, plus que les ans, fait que l'on vieillit. L'âge est le catalogue de nos désenchantements intimes. »


« Il était une fois le Paris des Merveilles...

Où l'on plante, pour la troisième fois, le décor d'un Paris qui n'exista jamais tout à fait.


Les contes d'autrefois, ainsi que les fabuleuses créatures qui les inspirèrent, ont une patrie. Cette patrie se nomme l'OutreMonde. Ne la cherchez pas sur une carte, même millénaire.

L'OutreMonde n'est ni un pays, ni une île, ni un continent. L'OutreMonde est... un monde, ma foi. Là vivent les fées et les licornes, les ogres et les dragons. Là prospèrent des cités et des royaumes que nous croyons légendaires. Et tout cela, au fil d'un temps qui s'écoule autrement. Cet univers voisine avec le nôtre. Jadis, ils étaient si proches qu'ils se frôlaient parfois. Alors naissaient des passages fugitifs, des chemins de traverse déguisés, des ponts incertains jetés sur l'abîme d'ordinaire infranchissable qui sépare les mondes. Tel promeneur pouvait ainsi rencontrer, au détour d'un sentier perdu, une reine attristée caressant un grand cerf blanc dont une flèche perçait le flanc ; tel berger explorait une ravine et découvrait au-delà une vallée que la vengeance d'un sorcier condamnait à un hiver éternel ; tel chevalier solitaire passait, en quête de gloire, le rideau étincelant d'une cascade vers des régions inconnues où attendait l'aventure. Combien firent semblables expériences ? Combien de poètes et ménestrels contèrent ces voyages ? Assez pour être entendus, sans doute. Trop peu pour être crus. »