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L'Ombre des Trois Pics de Kairos Chimera



Auteur : Kairos Chimera

Genre : dark fantasy


Éditions : Auto-édité

Pages : 544


Série : non


Prix : Ebook : 5,50€ - Papier : 25,00€

Achat : Kairos Chimera




Résumé :

En un âge troublé où l’équilibre des forces qui règne entre les huit éléments est menacé, le Chaos est prêt à rompre l’équilibre et à vaincre l’Harmonie. Depuis des centaines de lunes un fléau s’abat sur les royaumes, un fléau de chair et d’os, en la personne du bourreau alchimiste. Dans la mort des Érudits il s'en va chercher le savoir nécessaire à sa quête. Dans les entrailles de ses victimes, dans leur atroce agonie, il lit sa destinée, cherche le chemin de sa victoire. C’est à lui que revient la charge d’engendrer le Chaos, de révéler au monde toute les beautés cachées là où tous ne voient que mort et destruction. Pour cela il mettra tout en œuvre, ne reculera devant aucune fourberie. Des confins des royaumes des héros se lèveront, unis sous une même bannière mais il ne craindra aucun de ses adversaires, fussent-ils les dieux eux-même. Pour le Chaos, pour l'avènement de son Grand Œuvre.


Avis lecture :

Ce roman de dark fantasy prend place dans les royaumes des Terres d'Ilhyya et nous offre une plongée au cœur du Chaos. L'Ombre des Trois Pics, c'est la quête d'un bourreau alchimiste, c'est la quête d'un idéal que seules les épreuves sauront forger. Il n'a pour alliés que les monstres engendrés de son art. Au cours de son périple, il découvrira d'autres êtres qui partagent sa vision et perdra plus qu'il ne le pensait sur le chemin du Chaos.


L'Ombre des Trois Pics de Kairos Chimera est un roman original par son écriture, épique par son univers.

Ici, c'est tout un univers qui s'impose à nous, dans un français ancien et soutenu. Dès les premières lignes, j'ai adoré même si j'ai bien galéré au début et que j'ai gardé mon portable à côté pour pouvoir chercher quelques (beaucoup) définitions de mot. Mais au moins, l'écriture a le mérite de se démarquer considérablement de la plupart des écrits du même genre. C'est un pari risqué à mon sens mais ça marche ! Néanmoins, cela a aussi une petite contrepartie : ce roman n'est pas accessible à tous en raison de sa complexité. N'espérez pas une lecture sans prise de tête, il va vous falloir rester concentré du début à la fin. Personnellement, au bout d'une vingtaine de pages, j'ai lu avec de plus en plus de fluidité. Il m'a juste fallu un petit temps d'adaptation.


Il ne faut pas chercher à s'attacher à un personnage, L'Ombre des Trois Pics se lit pour ses royaumes, ses créatures et ses dieux, pour sa guerre opposant l'Harmonie au Chaos. Le bourreau alchimiste, véritable incarnation du Chaos, n'est pas un héro. C'est un méchant très méchant. Il est le Chaos. Même si nous finissons par apprendre ses motivations, elles n'ont pas trouvé grâce à mes yeux. Ça ne le rendait pas plus attachant. Rien ne justifie toutes les atrocités commises. Sa méchanceté, les horreurs dont il est capable, ne connaissent aucune limite. D'ailleurs, attention âmes sensibles s'abstenir ! Ce roman n'est pas à mettre dans toutes les mains. Si son niveau d'écriture le destine plutôt à un public adulte, les plus sensibles s'abstiendront également. Les descriptions sont parfois très dures. N'oublions pas qu'il s'agit de dark fantasy. La cruauté est présente à chaque page, rien ni personne n'est épargné. Pas même le lecteur ! Par moment, les descriptions sont donc particulièrement violentes et gores.

Les personnages défilent les uns après les autres, on n'a pas vraiment le temps de s'attacher. On suit surtout l'histoire d'un monde, ou plutôt d'une guerre : celle qui oppose le Chaos et l'Harmonie. Les adeptes de fantasy s'y retrouveront aisément ! Parmi toutes les créatures rencontrées, ma préférence va aux loups, que j'ai adoré suivre pendant des pages et des pages.


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Donc vous l'aurez compris, les principaux atouts de ce roman tiennent à son écriture et à sa construction. Mais c'est là aussi, ses faiblesses. Je m'explique.

Le style d'écriture est assez difficile (en tout cas, pour moi bien entendu), ce qui demande un temps d'adaptation et un effort dès les toutes premières lignes. Or, certains pourraient aisément se décourager et ce serait vraiment dommage. Sur la construction, l'auteur a pris le parti de se focaliser sur le point de vue du méchant, ce que j'ai vraiment aimé. Sauf que, c'est un peu chaotique. On se retrouve très vite jeté au milieu d'un univers aussi riche que complexe, en plein milieu d'un très ancien conflit. Et par moment, ça manque de clarté. J'ai eu beaucoup de mal à me situer dans le temps et dans les différents royaumes. Les changements de focus sont parfois très abrupts et il m'a été difficile pour certains personnages et créatures de déterminer s'il s'agissait d'alliés ou d'ennemis du Chaos (même si ce n'était pas forcément ou l'un ou l'autre). Sans compter que le schéma adopté se répète presque tout le long du roman.

Ce qui fait qu'à un style lourd, s'ajoutent des descriptions les unes après les autres, des dialogues (quasiment) inexistants et des répétitions. Donc j'avoue, qu'en fonction du focus sur certaines créatures, j'ai un peu décroché par moment. Mais comme j'avais vraiment envie de savoir comment ça se terminait, j'ai lu jusqu'à la toute dernière page. Et il faut dire ce qui est, il ne pouvait y avoir d'autre fin. Celle-ci s'impose tout naturellement et aucune autre alternative n'était envisageable.


Conclusion

L'Ombre des Trois Pics est un roman au style original qui se démarque aisément d'autres romans du même type. Son univers de dark fantasy nous plonge au cœur d'une guerre séculaire opposant le Chaos à l'Harmonie et nous emmène à la découverte des créatures peuplant ses différents royaumes. Si le gore ne vous rebute pas et que vous êtes adepte de fantasy, je ne peux que vous le conseiller. Merci à Kairos Chimera pour cette lecture !


Citations :

« Certains se faisaient à demi bestiaux, d'autres se livraient sans réserve à une bestialité totale. D'autres encore unissaient leur âme à celle de la créature qui avait fait serment de les protéger. Ils n'étaient plus une confrérie, ils n'étaient plus un peuple. Ils étaient une horde sans chef, sans autre loi et foi que celle de la mort du bourreau.

Nul dieu, fût il une divinité originelle, nul ange, premier fils de la Grande Déesse, n'aurait sur l'heure pu contenir les assauts de la bête. De la queue elle le fauchait, le frappait en plein hypogastre et contre la falaise le laissait pantelant, le corps désarticulé. Dans la roche l'ophax imprimait la silhouette du tourmenteur, fracassait la roche, jetait le bourreau au fond des antres où la bête déversait les rages élémentaires. Et le faiseur de trépas, malgré la douleur et la mort qui le venait prendre toujours riait. »