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Krog Macherok et le Venin des Hautes Terres de Guilhem Méric


Auteur : Guilhem Méric

Genre : fantasy


Éditions : Auto-édition

Pages : 315


Série : non


Prix : Papier : 18,00€

Achat : Krog Macherok et le Venin des Hautes Terres



Résumé

Le jour où il découvre le corps d'un des siens empoisonné par les vapeurs de la terre, Krog, jeune Gnome Caillassier, prend conscience d'une terrible réalité : ce sont les Hommes et leur sorcellerie qui sont à l'origine du drame qui a frappé jadis sa famille.


Il se lance alors en secret dans une mission de sabotage visant les coupables désignés : l'exploitation d'une petite famille de viticulteurs. Il ne s'attendait pas à y croiser la fille du propriétaire, une jeune humaine douée d'étranges pouvoirs sur la nature...


Avis lecture

Tout d'abord, merci beaucoup à Guilhem Méric pour m'avoir accordé sa confiance pour la lecture de Krog Macherok et le Venin des Hautes Terres. Je me suis dit pourquoi pas car c'était l'occasion de découvrir un roman vers lequel je ne serais pas allée spontanément. Mais finalement, heureusement que l'auteur me l'a proposé car j'ai été agréablement surprise.


Krog est un Gnome Caillassier un peu particulier. Bien plus grand que les siens, il n'en demeure pas moins que le jeune adolescent vit confortablement dans sa grotte souterraine avec ses proches. Or, subitement, tout bascule. Quelque chose vient de détruire leur monde. Ses parents n'y survivront malheureusement pas. Obligé de se réfugier auprès des Feuillus, un autre peuple de Gnomes vivant à la surface, Krog va très vite découvrir un nouveau monde : celui des Hautes Terres. Ainsi que l'origine de tous ses malheurs : les Humains (ou Sinoks). Ces derniers, par leur activité, détruisent la terre. C'est en voulant en apprendre plus et venger ses proches que Krog va voir une nouvelle fois sa vie basculer et ses certitudes chamboulées.


Au cours de son aventure, il va rencontrer une humaine, Alix, qui semble avoir d'étranges pouvoirs sur la nature. Son père et elle possèdent les terres sur lesquelles vivent les êtres du Petit Peuple. Or, les vignes ne donnent plus assez pour être rentables. Alix et son père ne parviennent plus à tenir le rythme et vont tomber dans l'engrenage de la culture intensive, encouragés par une entreprise agrochimique. Tant pis si ses pratiques sont contestables et ses produits, des poisons pour la terre.

Mais voilà, pour vivre, ou plutôt survivre, les Sinoks anéantissent la Nature et ses habitants. Alix en prend d'autant plus conscience le jour où elle parvient à voir Krog. S'ouvrant au Petit Peuple, ils vont se lancer en compagnie de Brazz le Salamandrin et de Naïri la Dryade, dans une folle aventure. Tous ensemble, peut-être parviendront-ils à sauver les vignes.


Souvent, les gens ont tendance à oublier que l'on doit tout à la nature. Et quand je vois tout ce béton recouvrir progressivement de magnifiques champs pour des centres commerciaux ou de nouvelles habitations, ça me peine. Nous détruisons tout. Tout ça, au nom du confort. Chacun veut son petit centre commercial à proximité, ses magasins, utiliser sa voiture à tout va, même pour quelques centaines de mètres. Sans tomber dans les extrêmes, je trouve que la société évolue dans le mauvais sens. Sous prétexte de bienpensance et de soi-disant intérêt général, c'est en réalité ses intérêts personnels que chacun veut satisfaire. Les gens veulent manger bio parce que "c'est meilleur pour la santé" et vont acheter leurs produits en grande surface. Mais savent-ils seulement ce qu'est le bio à la base ? Savent-ils que l'agriculture biologique ne peut être réalisée à échelle industrielle ? Pas grave, on épuise la terre. Et puis après, quelques petits rappels de produits viennent rythmer les ventes. Et ensuite, des scandales sanitaires finissent par exploser. Ont-ils seulement compris que parfois, il est nécessaire de réduire sa consommation ? Non, car pour la plupart, réduire = se priver, alors que non, pas du tout ! Le gâchis est la norme. Tout est produit en sur-quantité. On ne sait jamais, il vaut mieux jeter que de prendre le risque d'avoir moins de temps en temps.


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Il en va de même pour l'agriculture et les élevages. Tout cela découle d'intérêt purement économiques et aucunement altruistes ! Non, les industriels ne sont pas là pour nous. Les conséquences importent peu, du moment qu'ils dégagent du chiffre. Le respect de la nature ? Inutile. Le danger des pesticides ? Le système de santé prendra le relais. La disparition de l'écosystème ? On remplacera par autre choses.


Krog Macherok et le Venin des Hautes Terres, bien que destiné premièrement à un public adolescent, pousse à la réflexion tout en offrant une jolie histoire. Non, tout n'est pas blanc ou noir. C'est bien plus compliqué et Krog va très vite le découvrir. Tous les humains ne sont pas mauvais. Seulement, certains sont contraints d'agir contre leur gré, pour nourrir leur famille. D'autres au contraire, sont des crapules finies. Les enjeux commerciaux sont énormes mais il en va parfois de la survie des paysans et des exploitants. Ceux-ci se retrouvent alors pris dans un cercle vicieux, dont il est difficile de sortir, par nécessité et pas forcément dans une volonté de nuire. Mais voilà, la terre a ses limites, et la survie ne pourra durer qu'un temps. Que deviendrons-nous lorsque la nature ne sera plus en mesure de répondre à nos besoins ? Guilhem Méric, d'une jolie plume, nous incite à nous poser la question et nous laisse entrevoir quelques possibilités.

Krog et ses amis sont bien déterminés à ne pas laisser le pire arriver. Il est encore temps de réagir. Pour cela, il leur faudra unir leurs forces. J'ai pris plaisir à suivre les aventures de ce jeune Gnome, courageux et déterminé malgré son jeune âge. Surmontant de dures épreuves, il garde malgré tout l'espoir. Et grâce à sa personnalité, il entraîne dans son sillage ses nouveaux amis pour sauver ce qui peut encore l'être.

Conclusion

Krog Macherok et le Venin des Hautes Terres est un beau roman de fantasy, prioritairement destiné aux plus jeunes mais il serait dommage de se priver de cette lecture juste parce qu'on est adulte. Sa dimension écologique, bien amenée, sans matraquage, nous pousse à nous interroger sur ce qui nous entoure et les pratiques du secteur agro-alimentaire. Chacun, à notre façon, nous pouvons faire en sorte de vivre mieux et en harmonie avec la Nature. Pourquoi ne pas tendre l'oreille et ouvrir les yeux sur la nature qui nous entoure ? Qui sait, peut-être arriverez-vous à voir subrepticement un être du Petit Peuple ?


Extraits

« - Il pensait que mon père et moi étions les coupables, lança-t-elle, plus fort qu'elle n'aurait cru. Qu'on empoisonnait la terre pour notre bon plaisir. Mais il n'y a aucun plaisir là-dedans. Seulement... de la résignation. »


« - Les Dryans et nous, ça n'a jamais collé, chuchota Brazz. A la moindre étincelle, ils se font tous une sève d'encre. »


« Mère nature n'a jamais eu besoin qu'on lui force la main. C'est elle qui donne la vie, à sa façon, à son rythme. Ce serait sacrilège de vouloir la plier à la volonté de quiconque. »