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Geisha d'Arthur Golden


Auteur : Arthur Golden

Traduction : Annie Hamel

Genre : Roman

Éditions : Le Livre de Poche

Parution : Mai 2006

Pages : 575 pages


Série : non

Prix : 8,90€

Achat : Cultura - Geisha


Résumé

À neuf ans, dans le Japon d'avant la Seconde Guerre mondiale, Sayuri est vendue par son père, un modeste pêcheur, à une maison de plaisir de Kyoto. Dotée d'extraordinaires yeux bleus, la petite fille comprend vite qu'il faut mettre à profit la chance qui est la sienne. Elle se plie avec docilité à l'initiation difficile qui fera d'elle une vraie geisha. Art de la toilette et de la coiffure, rituel du thé, science du chant, de la danse et de l'amour : Sayuri va peu à peu se hisser au rang des geishas les plus convoitées de la ville. Les riches, les puissants se disputeront ses faveurs. Elle triomphera des pièges que lui tend la haine d'une rivale. Elle rencontrera finalement l'amour...


Avis lecture

Pour écrire Geisha, Arthur Golden s’est inspiré de témoignages et de la vie d’une certaine Mineko Iwasaki. Ces mémoires fictives suivent le parcours de Chiyo, petite fille de 9 ans, vendue par son père à un Okiya (maison close japonaise). C’est là qu’elle qu’elle suivra un apprentissage difficile et semé d’embuches pour devenir Sayuri, l’une des geishas les plus réputées de son époque.


Au fil des pages de ces mémoires, on voit la jeune Sayuri évoluer dans un univers très codifié qui fait la part belle aux rivalités et aux désirs mais où les apparences sont primordiales. Arthur Golden décrit avec minutie et beaucoup de réalisme le parcours de Sayuri en tant qu’élève et geisha au pays du soleil-levant, dans les années 30. Pour mois, Geisha est surtout un roman d’initiation et d’apprentissage avant d’être un roman d’amour même si la relation entre le Président et Sayuri sert de toile de fond à une grande partie de ces mémoires.


Grâce à des descriptions très précises et travaillées, le lecteur arrive à complètement s’immerger dans le Japon d’avant-guerre et le milieu très fermé, pour ne pas dire mystérieux, des geishas. En effet, l’auteur réussit le pari de nous transporter à une autre époque et dans un pays aux coutumes très différentes du notre qui hésite alors entre traditions et modernité.

L’auteur est très pointu dans ses descriptions ou les faits historiques se déroulant au moment de l’intrigue. On a presque l’impression de pouvoir ressentir les sons, les odeurs ou les couleurs qu’il nous décrit.

Cette histoire, à la fois triste et mélancolique, contient quelques longueurs mais elle est tellement prenante qu’une fois le livre refermé, on les oublie très facilement pour ne retenir que le destin hors norme de Sayuri.

Les personnages secondaires sont tout aussi intéressants : Hatsumomo, Mameha ou encore le Président et Nobu sont des personnages complexes qui apportent encore plus de profondeur à une histoire déjà très riche.

Il n’y a donc vraiment rien à redire sur le style d’écriture d’Arthur Golden : soucis du détail, fluidité et finesse étaient au rendez-vous pour mon plus grand bonheur.


Conclusion

Geisha est un très beau livre, emprunt de poésie et de mélancolie, sur la vie d’une femme au destin exceptionnel. Il a également fait l’objet d’une adaptation plutôt réussie en 2006, Mémoires d’une Geisha, réalisée par Rob Marshall.


Extrait

« On ne peut pas demander au soleil de briller d'avantage, ni aux nuages de retenir la pluie. Pour un homme une geisha ne peut être qu'une demi-épouse. Nous sommes les femmes du crépuscule. Et pourtant découvrir la bonté après avoir connu tant de méchancetés, comprendre qu'une petite fille, plus courageuse qu'elle croyait l'être finirait un jour par voir ses vœux s'accomplir.. N'est-ce pas une forme de bonheur ? Après tout ce ne sont pas là les mémoires d'une impératrice, ni d'une reine, ce sont des mémoires d'un autre genre… »