top of page

MON

blog

Blackwater, Tome 1 : La Crue de Michael Mcdowell


Auteur : Michael Mcdowell

Traduction : Yoko Lacour et Hélène Charrier

Genres : fantastique


Éditions : Monsieur Toussaint Louverture

Parution : 7 avril 2022

Pages : 260


Série : oui

Tome : 1/6


Prix : Numérique : 7,99€ - Papier : 8,40€

Achat : Cultura - La Crue


Résumé

Pâques 1919, alors que les flots menaçant Perdido submergent cette petite ville du nord de l'Alabama, un clan de riches propriétaires terriens, les Caskey, doivent faire face aux avaries de leurs scieries, à la perte de leur bois et aux incalculables dégâts provoqués par l'implacable crue de la rivière Blackwater.


Menés par Mary-Love, la puissante matriarche aux mille tours, et par Oscar, son fils dévoué, les Caskey s'apprêtent à se relever… mais c'est sans compter l'arrivée, aussi soudaine que mystérieuse, d'une séduisante étrangère, Elinor Dammert, jeune femme au passé trouble, dont le seul dessein semble être de vouloir conquérir sa place parmi les Caskey.

 

Avis lecture

Il y a des achats qui se font sur un coup de tête. Celui-ci en fait partie. Captivée par la sublime édition, intriguée par le quatrième de couverture, c'est conquise que je ressors de la lecture de ce premier tome de Blackwater.


L'histoire prend place à Perdido, au nord de l'Alabama, au début du XXème siècle. La ville a fait face à une terrible épreuve : la soudaine crue a englouti la plupart des habitations et les plus riches ont vu leurs scieries lourdement endommagées.

Alors qu'Oscar Caskey et son employé Bray parcourent à bord de leur embarcation la ville encore submergée, ils découvrent la présence d'une femme dans un hôtel qu'ils pensaient pourtant totalement évacué. Si Bray se montre d'emblée méfiant vis-à-vis de l'inconnue, allant jusqu'à faire preuve de superstition, Oscar lui n'oubliera en aucun cas sa galanterie et son devoir de secours. Cette mystérieuse femme dit s'appeler Elinor Dammert et être venue pour un poste d'institutrice. Or, suite à la montée subite des eaux, elle n'a plus nulle part où loger ni aucun moyen de subsistance. C'est donc sans hésiter qu'Oscar lui propose l'assistance de la famille Caskey.

Mais Elinor semble bien déterminée à faire plus que bénéficier de l'assistance de la riche famille. Progressivement, la jeune femme au passé mystérieux s'impose au sein de la communauté de Perdido, au grand dam de Mary-Love Caskey, la matriarche de la famille au caractère bien trempé. Simple jalousie de sa part ? Ou bien a-t-elle vu en Elinor une arriviste de première, déterminée à lui voler son influence au sein de Perdido ? Et puis, quel est le lien entre la soudaine crue de la rivière et l'arrivée d'Elinor ?


D'emblée, on ne peut être que frappé par l'ambiance qui règne à Perdido. Alors même que la ville se reconstruit, il règne une ambiance lourde et pesante. Avec beaucoup d'efforts et d'investissement, les habitants de la ville voient peu à peu leur quotidien s'améliorer. Pourtant, leur vie est teintée d'une peur permanente et sous-jacente : celle de perdre à nouveau tout ce qu'ils ont bâti de génération en génération en l'espace de quelques instants. La rivière, déjà réputée pour sa dangerosité - une créature y résiderait au fond et dévorerait les pauvres malheureux qui auraient la mauvaise idée de s'y baigner - peut à tout instant sortir de son lit et tout emporter. Mais Elinor est catégorique : il n'y aura pas de nouvelle crue. Comment peut-elle en être aussi sûre ? Une chose est certaine : ses paroles, pleine de bon sens, ont un effet apaisant sur les gens. A l'exception de cette chère Mary-Love, qui ne voit pas d'un très bon œil l'arrivée de cette inconnue et qui est bien déterminée à l'éloigner d'elle et surtout, de sa famille, à commencer par Oscar, qui n'est pas insensible au charme de la jeune femme ! Mais Elinor est déterminée à ne pas se laisser faire. Mary-Love aurait-elle enfin trouvé une adversaire à sa mesure ? Pendant que les deux femmes s'affrontent, les événements étranges se multiplient à Perdido...


Blackwater est-elle une saga familiale où deux femmes s'affrontent pour l'amour d'un seul homme, pour leur place au sein d'une communauté ? Oui. Non. Pas tout à fait (n'oublions pas la dimension fantastique, sur laquelle je ne m'attarderai pas pour ne pas vous gâcher tout le plaisir de la découverte). Blackwater, c'est surtout une histoire horrifique comme seuls savent le faire les grands noms de la littérature du genre. Rien de trash, pas de descriptions morbides et sanglantes. Non, l'horreur réside ici dans les situations les plus banales de la vie quotidienne. L'horreur vient des êtres humains et de leurs agissements, de leur égoïsme (mais pas que ! A vous de le découvrir). La tension est palpable et va crescendo pour nous mener à toute vitesse au bout d'un premier tome parfaitement maîtrisé et réussi.


Conclusion

Du fantastique, de l'horreur et du mystère, le tout saupoudrés d'un humour noir et cynique... Il n'en fallait pas plus à Michael McDowell pour nous livrer une série palpitante et addictive. Les éditions Monsieur Toussaint Louverture nous proposent ici une réédition sublimée de Blackwater et entretiennent le suspense en publiant chacun des six tomes tous les quinze jours. Quinze jours, vous me direz c'est peu. Oui mais non. Pas quand un tome se dévore en seulement quelques heures. Les quatorze jours d'attente qui suivent sont longs. Très longs !


Extrait

« Je suis sûre que je m'amuserais plus en trente minutes à un coin de rue de La Nouvelle Orléans ou de Nashville qu'en une vie entière à Perdido. La chose la plus excitante à faire ici, c'est de s'asseoir au bord de la rivière et compter les cadavres d'opossum qui passent. »

bottom of page